Rio de Janeiro possède la beauté qui manque à São paulo. En fait, là n'est pas la question.
São Paulo est consumiste, froide, sombre. Elle broie les âmes et s'enorgueilli de son dynamisme économique et culturel. Culture?!! Certes, les musées sont riches, les fondations plus fortes qu'ailleurs. Certes les performances artistiques et le peu de théâtre qui sort du ventre de ce pays (qui possède pourtant le décorum le plus fantastique qui soit) prennent racine ici. Certes le cinéma, la diversité culinaire parviennent ici à rivaliser avec ces maudits "shoppings centers" qui partout ailleurs sont au centre de la vie brésilienne. Mais pourquoi cette culture s'il est impossible de se parler, de rester immobile, assis dans un parc, sur le banc d'une rue passante, envahies de piétons? A quoi bon transformer l'énergie humaine, qui au Brésil est plus forte qu'ailleurs, en un produit, vendu ou offert, mais un produit qu'on diffuse?
Je cherche cette culture de rue. Je cherche les vieux assis dans la rue. São Paulo avale t-elle ses vieux? Je cherche la spontanéité, la surprise, l'émotion de la rue. Il faut ici des heures pour se rendre sur les lieux de la sociabilité, bar, samba, café, lanchonete. Il faut connaître à l'avance, il faut tout connaître à l'avance.
Ville qui broie les hommes et les énergies vitales. Le pire c'est qu'elle se glorifie d'être la terre des opportunités. Le mélange ne se voit pas, ville de blancs, ville de noirs des rues, ville qui tue son fleuve. Ville grise, ville polluée, ville de la solitude. Réfugions nous au sein de la famille. Et oublions ainsi de transformer cette masse informe en notre maison. Le privé l'emporte sur le public, l'intérieur sur l'extérieur, le connu sur l'inconnu. Vomissement de noirceur et aigreur des couleurs. Je hais São Paulo.
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