samedi 21 juillet 2007

Rio de Janeiro - Montée du Pain de Sucre

Le pain de sucre c'est l'une des montagnes mythiques de Rio.
Vision urbaine et succession de petites îles dans la Baie de Guanabara



Des photos de la montée, tantôt libre tantôt encordée.





Cidade tropical !

Rio est lumière et couleurs. Rio est vivante. Rio est pleine de ses défauts connus, violence, inégalités, chaos urbain. Mais Rio chante quand São Paulo consomme et se terre. Deux métropoles qui s'opposent comme appartenant a deux pays différents, deux continents, deux mondes. Rio est océanique, aérienne. Elle est cette confusion humaine effrayante et rassurante à la fois. São Paulo travaille et vous ignore, galerie souterraine, grisaille et indifférence.

Je suis retournée à Rio de Janeiro. Prendre le temps de déambuler dans ces rues chaotiques, celles-là même qui vous mènent des plages huppées aux favelas débordantes de vies balafrées. Et c'est hallucinant. Rio n'a pas d'équivalent. Rio de Janeiro est une ville qui s'épanouit dans une des plus belle baie du monde, a Baia de Guanabara. Une ville entourée de forêt tropicale exubérante, a Floresta da Tijuca. Une ville de relief, de vertige et de rondeurs.

On est montée sur le Pão de Açucar, le Pain de Sucre, une des ces montagnes les pieds dans l'eau. A coups de corde d'escalade et de paysages fantastiques. Imagine-toi sur un petit chemin de rando, les yeux attirés par la mer à perte de vue, des îles éparpillées, des palmiers, des bromélias des cactus, la forêt tropicale… Et cette ville qui s'étend à l'infini. C'est irréel.

Et puis on a profité pour arpenter les quartiers centraux, la plus grosse bibliothèque d'Amérique Latine, le Théâtre Municipale, le vieil aqueduc, les bières légères de cette ville où il fait chaud (ça change de São Paulo ça aussi). Et puis le tramway cahotant (o bondinho), jaune, à la Lisboète (j'ai failli mourir, y'avait plus de place, alors on s'est pendus au tram, mais ce con, il frôle les bagnoles, il ignore les branches et les buissons, on a bien rigolé!). Arrivée à Santa Teresa, foire bitnik (ils sont partout ceux-là), ateliers d'artistes ouverts, fête sur le toit d'une baraque au Largo das Neves (Place des Neiges, quelle ironie), samba até de manhãzinha…

Pensée spéciale à Nati, oui je me suis baignée à Copacabana et Ipanema, saudade garotinha…










Colère

Rio de Janeiro possède la beauté qui manque à São paulo. En fait, là n'est pas la question.

São Paulo est consumiste, froide, sombre. Elle broie les âmes et s'enorgueilli de son dynamisme économique et culturel. Culture?!! Certes, les musées sont riches, les fondations plus fortes qu'ailleurs. Certes les performances artistiques et le peu de théâtre qui sort du ventre de ce pays (qui possède pourtant le décorum le plus fantastique qui soit) prennent racine ici. Certes le cinéma, la diversité culinaire parviennent ici à rivaliser avec ces maudits "shoppings centers" qui partout ailleurs sont au centre de la vie brésilienne. Mais pourquoi cette culture s'il est impossible de se parler, de rester immobile, assis dans un parc, sur le banc d'une rue passante, envahies de piétons? A quoi bon transformer l'énergie humaine, qui au Brésil est plus forte qu'ailleurs, en un produit, vendu ou offert, mais un produit qu'on diffuse?

Je cherche cette culture de rue. Je cherche les vieux assis dans la rue. São Paulo avale t-elle ses vieux? Je cherche la spontanéité, la surprise, l'émotion de la rue. Il faut ici des heures pour se rendre sur les lieux de la sociabilité, bar, samba, café, lanchonete. Il faut connaître à l'avance, il faut tout connaître à l'avance.

Ville qui broie les hommes et les énergies vitales. Le pire c'est qu'elle se glorifie d'être la terre des opportunités. Le mélange ne se voit pas, ville de blancs, ville de noirs des rues, ville qui tue son fleuve. Ville grise, ville polluée, ville de la solitude. Réfugions nous au sein de la famille. Et oublions ainsi de transformer cette masse informe en notre maison. Le privé l'emporte sur le public, l'intérieur sur l'extérieur, le connu sur l'inconnu. Vomissement de noirceur et aigreur des couleurs. Je hais São Paulo.

Festas Juninas


Je suis un peu à la bourre, mais il faut que je vous raconte le mois de juin. Le mois de juin permet à São Paulo de sortir un peu de sa routine travailleuse. Au mois de juin dans tous le Brésil on fête les saints. C'est les fêtes Junina (junho/juin, festas juninas /fêtes de juin).

Le principe est simple. On danse, on mange, on honore les Saints, on décore les maisons et les patios de fanions colorés. Ces fêtes, dans la parties sud du pays, mettent à l'honneur le mode de vie do interior, de la campagne. Alors on a coutume de se "déguiser" : chemise à carreaux et pantalon de toile pour les hommes, cheveux tressés pour les femmes et robe type "du dimanche" (à volants et dentelle, col rond kitchou, un ptit côté Laura Hingales quand on y pense bien). Enfin, chapeau de paille pour tout le monde. Les hommes à moustache et les filles se peignent des tâches de rousseur sur les joues. Jusque là tout va bien. On ne dépasse pas le cliché des genres, mais bon, la tradition est à l'honneur, alors que voulez-vous…

Le but est de se gaver de pop-corn (pipoca), de sucrerie à base de noix de coco et autres cacahuète en buvant du vin chaud et de la cachaça mélangée à des épices (le tout très sucré). Mais le clou de la soirée c'est les danses trad'. La "quadrila" par exemple, directement importé par nos amis les Portugais, aucun doute là-dessus. Rondes, petits ponts où l'ont se glisse en couple, petits pas de côté sur fond d'accordéon et de tambourin. C'est la fête. Il y a toujours un feu de camp au fond du jardin.

Lorsque la fête est plus traditionnelle, il y a aura évidemment une messe. On porte un mât brandissant l'icône de São João (ou un saint collègue) jusqu'à un recoin. Là, on vous invite à frapper le sol avec un bâton (plus l'on frappe plus on vivra longtemps) et à déposer une bougie au pied du mât.







jeudi 12 juillet 2007

Fazenda Pinhal

Plongée dans l'horreur éteinte du temps de l'esclavage. São Paulo utilisait la main d'oeuvre noire pour développer les plantations de café qui allaient enrichir considérablement une poignée de familles brésiliennes et permettre à São Paulo d'etre la métropole qu'elle est aujourd'hui. Le café fut un tremplin. Le café est une culture. Le café a vu des horreurs humaines et de absudités écologiques (ceci dit il existe aussi nombre de plantations de café en agroforesterie, et ça ça dépote).

Les photos ci-dessous sont celles de la fazenda Pinhal, près de São Carlos dans l'Etat de São Paulo. Beauté puissante. Architecture restaurée. Le tout transformé en hotel et écomusée, impressionant. Un site incomparable pour s'imprégner de l`époque du cycle du café. Nature domptée, vergers et cascade. Mélange du poids historique et de la beauté du site.





jeudi 5 juillet 2007

Travail ici ou ailleurs...

''Il faut bien le dire.

Très fort...

Pendant des siècles, le travail a représenté une contrainte imposée à des hommes par d'autres hommes. «Tripalium», d'où vient le mot travail lui même, ne désignait-il pas autrefois le trident ou fourche à trois dents sous laquelle les esclaves, qui socialement ne représentaient rien, étaient forcés d'accomplir leur tâche.

Quelques siècles plus tard, l'homme a fait du travail un droit revendiqué par chaque individu afin qu'il ait sa place dans la société et s'épanouisse personnellement. L'homme est décidément très fort.

Et puis il a inventé les vacances. Au début, il s'agissait simplement d'un droit de ne pas aller au travail pendant quelques jours, de se reposer, presque étymologiquement de faire le vide (vacance, vacuité).
Puis l'homme en a fait un moment privilégié pour voyager, visiter, se cultiver, s'épanouir personnellement en quelque sorte. L'homme est décidément très fort.

Mais alors, puisque rien ne lui résiste, quand va-t-il s'attaquer à l'épanouissement du million de chômeurs en dessous duquel la France considèrera être revenue au plein emploi ?''

Le directeur de l'APECITA, Philippe PELVET