Rentrée sous la pluie. Sortir du travail la tête un peu vide. Pas de taf alors je file. Pas de panique, pas de remise en question, tout vient à point à qui sait attendre. Apprendre la patience. Patience.
Et la ville se transforme en torrent. Le ciel perd son relief. Gris sans nuances. Pluie lourde et chaude. Je me dis que la pluie est douce malgré sa rigueur. La pluie nettoie d'une journée de travail sans travail. Mais elle gonfle rapidement les trottoirs tordus, l'asphalte biscornu. En quelques minutes d'une pluie tropicale, la ville devient fleuve. Et je me retrouve les chevilles dans l'eau, loin de l'exotisme tropical d'une douche d'eau de pluie sous un bananier (référence pub Tahiti, cf. votre enfance), prise entre les trombes d'eau verticales venues du ciel et celles horizontales des voitures qui ne font qu'occuper l'espace qui leur est dû. Ici la ville n'appartient pas aux piétons.
Et la ville, hostile, se transforme. Je la trouve plus humaine dans l'horreur de sa pluie colérique. Les gens s'arrêtent. Partagent un parapluie. Se coiffent de sacs plastiques, se serrent sous les timides avancées des stores de café sur les trottoirs… Je ne crois pas qu'ils se parlent beaucoup plus. Mais la cohue semble moins naturelle. Elle peine à avancer. Je veux voir le visage pluvieux de São Paulo. Eu gosto da chuva paulistana. Qu'en est-il des gens qui vivent dans la rue? Comme à leur habitude ils sont invisibles dans les quartiers que je traverse. São Paulo drôle de ville. Drôle de vie.
lundi 23 avril 2007
Babylone
Emi lost in the city, dixit Maiwen Le Nedellec. Pas faux. Nouvelles rues, nouvelle musicalité des vocales, nouveau taf, nouveau chez moi (chez nous, c’est nouveau), nouveaux repères, la tropicalité tronquée de la ville, le rêve d’exotisme rattrapé par la réalité. Nossa Senhora! Vivo dentro da Babilônia...
Alors il y a des moments où je me demande comment je suis arrivée jusqu’ici. Emi à São Paulo passe son dimanche pluvieux dans l’atmosphère ouatée du MASP (Museu de Arte de São Paulo) devant une déclinaison de gravures de Goya. Dimanche savoureux. La pluie est tiède. Dimanche inquiétant : Paris, Londres, New York, São Paulo, mêmes réflexes urbains? Mêmes inégalités sociales ? Mêmes occupations hors du temps de la terre ?
J’aime. Et je déteste. J’aime apprendre, comprendre, découvrir les secret de ce chaos urbain riche d’histroire et qui ne semble jamais s’essouffler. Je déteste être là par peur de me perdre, loin de ce que je suis, faite pour fouler des terres où le ciel est gratuit et accessible à tous. Emi apprend des trucs nouveaux.
dimanche 22 avril 2007
Paisagem deslumbrante

Les appareils numériques, quel ennui, une fois que l'on y a goûté il est difficile de voyager sans. Et je suis sans appareil... Or j'ai vu tellement de choses magnifiques/surprenantes/étonnantes jusqu'à présent...
Des beija flor hyper actifs, rapides comme l'éclair, des toucans en groupe picorant des kakis face à la maison de Mano à Aiuruoca, des paysages de forêt tropicale hallucinante, des cascades au noms idylliques ("cachoeira das fadas" par exemple, cascade des fées), la Serra da Mantiquieira, la baie de Guanabara à Rio de Janeiro et les singes qui cohabitent entre les villas luxueuses et les favelas...
Novo mundo
Arrivée sous la chaleur, l'automne est lourd, et l'air inhabituellement sec à entendre les Paulistanos...
J'ai réussi à passer la douane, alléluia...Une bonne heure d'attente dans un espace vaste mais étouffant. Seulement, il y avait des écrans diffusant les infos et du foot, alors tudo bem...
Le Boliviens furent les seuls à "bénéficier" d'un traitement visiblement différent, appelés en masse et acheminés vers une autre salle... Il m'a semble qu'ils sont très nombreux à être clandestins, alors les Brésiliens semblent "prendre leurs précautions"... Les pauvres et les riches, même rengaine en chaque point du globe...
J'ai la tête un peu dans le cirage lorsqu'on prend la voiture. L'aéroport est considéré comme loin de la ville. 35 km seulement au final ... Moins que Paris - Gargenville... Les distances sont bien moins étendues que je ne l'aurai cru...
Mano nous a dégotté un bon petit nid. J'ai vite fait de me rendre compte que l'on vit dans un quartier assez chic ceci dit. Les gens gravitent autour de quelques quartiers, la ville semble comme découpée, on ne se perd pas dans des quartiers où l'où n'a rien à faire...
J'engloutis visuellement la ville. A travers la vitre de la voiture. A pied. Bien moins verticale que je ne l'aurai crue. La voiture glisse entre les allées arborées et les avenues surfréquentées. En réalité, je suis surprise par le visage de cette ville. Elle ne m'est certes pas familière mais je reconnais tous ses repères. Elle est bien moins minérale que je l'imaginai. Ceci dit, c'est un sacré bordel... Empilement architectural sans planification, routes "anti-piétons", fils électriques striant le ciel ma foi bien bleu, embouteillages et klaxons à souhait.
Ce qui me saute aux yeux, c'est le nombre d'employés que comptent les commerces. La main d'oeuvre est visiblement moins chères et les gens sont partout : vigiles pour garder les rues, les boutiques (assis sur des chaises, sur les trottoirs, abrités sous un parasol ou un arbre), ramasseurs de déchets en tous genres (le recyclage est de vigueur même si je ne sais pas trop où c'est acheminé), serveurs, "rangeurs" de courses au supermarché, vendeurs ambulants... Cette ville est pleine comme un oeuf.
J'ai commencé mon stage. Les gens sont vraiment sympas. Marrant de voir comme nous sommes loin d'être relax en France... J'arrive et la plupart me font la bise! Tous ont le même langage, du cravaté responsable communication, au technicien responsable des serres. "Oi, tudo bem? Seja bemvinda, fica a vontade" ...
Je bosse dans le programme des aires protégées privées. Incitation des propriétaires à classer certains espaces, pérennisation des aires via des projets d'accueil, d'éducation à l'environnement, d'écotourisme, etc. Ma "collègue" est bien cool. Elle vient du Mata Grosso du Sul, à la frontière avec l'Uruguay et la Bolivie, biologiste de formation. Dans dix jours je pars avec elle rencontrer des partenaires au cours d'un atelier de communication pour les membres d'ONG environnementalistes, et ensuite on file à Rio de Janeiro pour une cérémonie d'ouverture d'un nouveau programme de protection du littoral. Beleza!! Ca s'annonce bien.
Je déambule à pied. Petit à petit l'oiseau fait son nid.
Premier week-end passé au paradis, à Ilhabela, une île au large du littoral de São Paulo, à 300 km environ. Route magnifique à travers la montagne et la "mata atlântica". Sur le bateau on est accompagnés par des dauphins! La baraque qu'on nous "prête" est surréaliste, magnifique... C'est le paradis des orchidées, des cascades d'eau douce, des oiseaux multicolores, je plane... On mange du poisson braisé et on part de nuit pêcher le calamar (sans rien ramener, on s'en fout après tout). Enfin bon, rien à dire... Bonne arrivée...
J'ai réussi à passer la douane, alléluia...Une bonne heure d'attente dans un espace vaste mais étouffant. Seulement, il y avait des écrans diffusant les infos et du foot, alors tudo bem...
Le Boliviens furent les seuls à "bénéficier" d'un traitement visiblement différent, appelés en masse et acheminés vers une autre salle... Il m'a semble qu'ils sont très nombreux à être clandestins, alors les Brésiliens semblent "prendre leurs précautions"... Les pauvres et les riches, même rengaine en chaque point du globe...
J'ai la tête un peu dans le cirage lorsqu'on prend la voiture. L'aéroport est considéré comme loin de la ville. 35 km seulement au final ... Moins que Paris - Gargenville... Les distances sont bien moins étendues que je ne l'aurai cru...
Mano nous a dégotté un bon petit nid. J'ai vite fait de me rendre compte que l'on vit dans un quartier assez chic ceci dit. Les gens gravitent autour de quelques quartiers, la ville semble comme découpée, on ne se perd pas dans des quartiers où l'où n'a rien à faire...
J'engloutis visuellement la ville. A travers la vitre de la voiture. A pied. Bien moins verticale que je ne l'aurai crue. La voiture glisse entre les allées arborées et les avenues surfréquentées. En réalité, je suis surprise par le visage de cette ville. Elle ne m'est certes pas familière mais je reconnais tous ses repères. Elle est bien moins minérale que je l'imaginai. Ceci dit, c'est un sacré bordel... Empilement architectural sans planification, routes "anti-piétons", fils électriques striant le ciel ma foi bien bleu, embouteillages et klaxons à souhait.
Ce qui me saute aux yeux, c'est le nombre d'employés que comptent les commerces. La main d'oeuvre est visiblement moins chères et les gens sont partout : vigiles pour garder les rues, les boutiques (assis sur des chaises, sur les trottoirs, abrités sous un parasol ou un arbre), ramasseurs de déchets en tous genres (le recyclage est de vigueur même si je ne sais pas trop où c'est acheminé), serveurs, "rangeurs" de courses au supermarché, vendeurs ambulants... Cette ville est pleine comme un oeuf.
J'ai commencé mon stage. Les gens sont vraiment sympas. Marrant de voir comme nous sommes loin d'être relax en France... J'arrive et la plupart me font la bise! Tous ont le même langage, du cravaté responsable communication, au technicien responsable des serres. "Oi, tudo bem? Seja bemvinda, fica a vontade" ...
Je bosse dans le programme des aires protégées privées. Incitation des propriétaires à classer certains espaces, pérennisation des aires via des projets d'accueil, d'éducation à l'environnement, d'écotourisme, etc. Ma "collègue" est bien cool. Elle vient du Mata Grosso du Sul, à la frontière avec l'Uruguay et la Bolivie, biologiste de formation. Dans dix jours je pars avec elle rencontrer des partenaires au cours d'un atelier de communication pour les membres d'ONG environnementalistes, et ensuite on file à Rio de Janeiro pour une cérémonie d'ouverture d'un nouveau programme de protection du littoral. Beleza!! Ca s'annonce bien.
Je déambule à pied. Petit à petit l'oiseau fait son nid.
Premier week-end passé au paradis, à Ilhabela, une île au large du littoral de São Paulo, à 300 km environ. Route magnifique à travers la montagne et la "mata atlântica". Sur le bateau on est accompagnés par des dauphins! La baraque qu'on nous "prête" est surréaliste, magnifique... C'est le paradis des orchidées, des cascades d'eau douce, des oiseaux multicolores, je plane... On mange du poisson braisé et on part de nuit pêcher le calamar (sans rien ramener, on s'en fout après tout). Enfin bon, rien à dire... Bonne arrivée...
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